Rocca di Papa, le 23 mars 1989

« Viens Seigneur Jésus ». C’est la prière proposée par Chiara Lubich au cours d’une conversation téléphonique de 1989, à la communauté des Focolari dans le monde, pour se préparer à Pâques. En ces jours de Semaine Sainte, cette prière peut nous accompagner pour accueillir le Ressuscité à tout instant et faire ainsi, de chaque jour, une expérience de Pâques.

Très chers tous,
Aujourd’hui, nous sommes le Jeudi Saint, un jour très particulier pour nous. Il nous rappelle diverses réalités divines qui sont au cœur de notre spiritualité. À tel point que chaque année, à ce moment-là, nous percevons tout l’attrait de ce jour. Et il n’est pas rare qu’un parfum de Paradis envahisse notre âme.
Comment, en effet, ne pas sentir notre cœur se dilater quand le Jeudi Saint souligne autant le commandement nouveau de Jésus, l’Unité, son testament, l’Eucharistie : son don extraordinaire et le sacerdoce qui la rend possible.

Arrêtons-nous là aujourd’hui, avec une immense gratitude, sur ces mystères extraordinaires, fondamentaux pour chaque chrétien et pour nous en particulier.
Demain, c’est Vendredi Saint. Ce jour-là aussi nous porte au cœur du christianisme et de notre spiritualité. Jésus meurt. Il meurt abandonné.
Ne pensez-vous pas que c’est le moment d’aborder un thème qu’aujourd’hui, dans le monde tel qu’il est, pris par l’esprit de consommation et d’autres maux, personne ou très peu de personnes sont disposées à traiter ?
Ce thème : la mort. Nous devons le faire en étant cohérents avec l’Idéal qui nous apprend à affronter chaque instant de la vie et donc le passage à l’autre vie, la vie éternelle. Nous l’aborderons en le traitant sous l‘angle de la prière qui est le sujet préféré de ces dernières semaines.
Il existe une prière très brève, elle aussi, étonnante. L’Esprit l’a mise sur les lèvres de l’Épouse, l’Église. Elle est adressée à l’Époux, Jésus. Elle conclut l’Apocalypse, le dernier de nos Livres sacrés et dit : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20).

« Viens, Seigneur Jésus ! »

Cette prière pourrait être la nôtre en pensant, en attendant, en nous préparant à la mort.
Oui, car nous avons, ou nous devons avoir une conception qui nous est propre et une conception juste de la mort. La rencontre avec Jésus n’est pas la fin mais le début, En plus, elle n’est pas facultative, elle est dans le programme de chacun. Un jour elle touchera chacun de nous. C’est la Volonté de Dieu pour tous. Oui, c’est la volonté de Dieu pour moi, pour nous, pour chacun. Il faut savoir l‘accueillir en tant que telle, comme Volonté de Dieu.
En général comment acceptons-nous la Volonté de Dieu ?
Nous avons compris que la Volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, est l’expression de l’Amour de Dieu pour nous. Il n’est donc ni logique ni juste de l’accepter seulement avec résignation mais il faut voir en elle ce qui peut nous arriver de meilleur.

Nous nous efforçons de vivre de telle façon que la Volonté de Dieu soit la nôtre. Et nous nous engageons à la vivre, non seulement avec tout l’amour mais avec enthousiasme parce que nous savons qu’à travers elle nous sommes en route dans une aventure divine dont nous connaissons une partie et dont l’autre est à découvrir. Nous accomplissons ainsi le dessein de Dieu sur nous.
C’est à cette façon d’aborder la Volonté de Dieu que l’on reconnaît un focolarino. C’est sur ce point que s’est produit notre conversion, celle qui a changé le cours de notre vie. Mais si nous considérons ainsi toute Volonté de Dieu, il nous faut voir la mort de la même manière. Au-delà des maladies, des souffrances spirituelles et physiques qui pourraient accompagner ce moment, la mort est un don, un nouveau don à accepter avec reconnaissance, le dernier avant le Paradis. C’est pour cela qu’on ne peut pas vivre comme si elle n’existait pas mais il vaut mieux la mettre au programme et se tenir toujours plus prêt à l’accueillir avec joie, à l’attendre avec un désir ardent comme l’ont fait les saints, en nous aidant de cette prière : « Viens, Seigneur Jésus ! »

« Viens, Seigneur Jésus ! ».
Si nous pensons à la mort, « Viens, Seigneur Jésus ! », par cette invitation de notre cœur, bien des peurs disparaîtront. Tout s’éclaircira et Jésus viendra. En son heure, c’est bien lui qui viendra.
Mais cette prière est aussi valable en d’autres occasions.
On peut dire : « Viens, Seigneur Jésus ! » en attendant l’Eucharistie.
On peut le dire avant une rencontre avec une ou plusieurs personnes en qui nous voulons l’aimer, lui, absolument.
On peut le dire avant d’accomplir chacune de ses volontés.
« Viens, Seigneur Jésus ! ». En te regardant, toi qui es Amour, notre vocation sera exempte de crainte. Dans l’attente de ta venue, nous construirons bien cette vie et, à peine l’autre vie se présentera-t-elle, nous nous plongerons dans l’aventure sans fin.
Tu as vaincu la mort et grâce à cette prière nous comprenons que toi, à présent, tu l’as vaincue aussi en nous, dans notre cœur.
Alors, « Viens, Seigneur Jésus ! », toujours, en chacun de nous.
Et la mort n’existera pas. Il n’y aura que toi. Il y aura le Ressuscité. Et cela, c’est déjà Pâques !

Tous mes vœux à tous, à chacun, à chacun, pour une Pâque glorieuse et ininterrompue, une Pâque féconde, très féconde pour chacun de nous, pour l’Église et pour le monde.

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